2026, un choc pour l’Europe comparable à celui de 2022 ?
Après un mois de conflit au Moyen-Orient, les risques pesant sur le scénario macro économique se sont sensiblement accrus. En Europe, la tentation est grande d’établir un parallèle avec la situation de 2022 et le choc provoqué par l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Si la nature du choc (géopolitique) et le principal canal de transmission (les prix du pétrole et du gaz) sont similaires, la configuration macroéconomique de l’Europe et de la zone euro en 2026 diffère toutefois sensiblement de celle qui prévalait en 2022. S’il ne fait aucun doute que la guerre au Moyen-Orient aura des effets économiques significatifs, proportionnels à la durée du conflit et au degré d’incertitude ( Guerre au Moyen-Orient : Implications pour les économies européennes ), l’Europe apparaît aujourd’hui relativement moins exposée qu’en 2022. Elle a en effet réduit de manière significative sa dépendance énergétique : la consommation d’énergie par habitant a reculé d’environ 25 % entre 2005 et 2024, avec des baisses marquées à la suite des crises de 2008 et 2020, dont 4 ,2 % s entre 2022 et 2024. Entre 2021 et début 2022, l’Europe était déjà confrontée à une forte poussée inflationniste, liée à la hausse des prix internationaux de l’énergie, des matières premières hors énergie et du fret, se traduisant par une envolée des prix du pétrole, du gaz et de l’électricité. Cette situation contraste avec la période 2025–début 2026, caractérisée par une normalisation, voire une baisse des prix internationaux et par une nette désinflation en zone euro. Une autre différence majeure entre la situation actuelle et celle de 2022 tient à la préparation et à la réactivité accrues de la Banque centrale européenne (BCE) . L’expérience du choc inflationniste de 2022 a conduit la BCE à affiner ses dispositifs de suivi et d’anticipation, notamment en matière de prix de l’énergie, ce qui devrait lui permettre d’ajuster plus rapidement et plus précisément ses instruments de politique monétaire .