Electricité et compétitivité industrielle : quelles voies possibles pour réindustrialiser l’UE ?
L’expérience des 20 dernières années montre que les prix électriques ont constitué, dans certaines activités « de volume », aluminium, acier, en particulier, un facteur significatif de déclassement industriel de l’UE par rapport à la Chine et aux Etats-Unis et, au global, de recul de la part activités manufacturières dans le PIB européen.Le différentiel de prix électriques entre l’UE et ses principaux partenaires commerciaux s’est ainsi creusé depuis 2005, prenant des proportions considérables lors de la crise de l’énergie de 2022. Trois facteurs émergent pour expliquer le creusement de ce différentiel : la plus grande exposition de l’UE à l’évolution des prix mondiaux des combustibles fossiles, une contrainte carbone plus marquée en Europe, et, dans une moindre mesure, les modalités de contractualisation bilatérale d’électricité renouvelable pour les corporates européens.A la faveur de la crise de 2022, l’UE a commencé à repenser l’organisation de son marché électrique de manière à décorréler au maximum les prix effectivement payés par les consommateurs, en particulier industriels, des prix des énergies fossiles, très majoritairement importées.Les propositions du Rapport Draghi, ainsi que les initiatives récentes, tant au niveau européen qu’au niveau national, montrent que maitrise des coûts de l’électricité, préservation d’un tissu d’industries de base compétitives et accélération de la décarbonation sont des objectifs conciliables.Dans ce cadre, la France pourrait explorer de nouvelles voies en matière de financement participatif des prochains réacteurs nucléaires.