Guerre au Moyen-Orient : Implications pour les économies européennes
Le 28 février dernier, les États-Unis et Israël ont lancé une opération offensive en Iran, entraînant des perturbations significatives dans le détroit d'Ormuz. Cela a empêché les pétroliers de naviguer dans ce détroit stratégique qui constituent une artère essentielle pour l'économie mondiale par laquelle transite près de 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole. Presque immédiatement , les prix du pétrole et du gaz ont fortement augmenté . La durée prolongée de ce conflit affectera sans aucun doute l'environnement macroéconomique européen , avec d es économies européennes qui demeurent encore fortement dépendantes des combustibles fossiles, et ce malgré d es gains d'efficacité considérables réalisés au cours des dernières décennies. Néanmoins, nous constatons que l'Italie et les économies d'Europe centrale (en particulier la Pologne) s emblent être les plus exposées à ce choc. Nous anticipons que les consommateurs ressentiront bientôt ces effets, le pétrole Brent se négoci e actuellement au-dessus de 100 $/bbl et les prix du gaz TTF dépass e nt les 50 €/MWh. La hausse des prix de l'énergie pour les biens de consommation de base devrait réduire le pouvoir d'achat des ménages et augmenter les coûts des intrants pour les entreprises au cours des prochains mois. Cela freinera probablement à la fois la consommation privée et l'investissement. Pour les banques centrales, la crainte d'une nouvelle boucle prix-salaires, comme en 2022, est susceptible de faire passer leur position d’accommodante à restrictive pour le reste de l'année. Nous considérons dans ce rapport un scénario impliquant une perturbation d'un mois dans le détroit d'Ormuz . L es conséquences pour le PIB et l'inflation devraient se matérialiser rapidement. Nous nous attendons à ce que ce choc réduise le PIB des économies européennes de l’ordre de 0,2 à 0,5 pp en 2026, tout en augmentant l'inflation d'au moins 0,6 pp la même année .